Surgie du fond des âges, la civilisation de l'Égypte antique fascine tous ceux qui ont entrepris de remonter le cours lent et majestueux de son fleuve emblématique : le Nil. Déjà au temps des Grecs et des Romains, des « touristes » en Égypte s'émerveillaient des traces laissées par une civilisation qui avait plus de deux millénaires d'existence.
Avec ses figures illustres (Kheops, Ramsès II, Néfertiti, Toutankhamon et les quelque 250 pharaons, Moïse et Alexandre le Grand, Cléopâtre, Saladin, Mohammed-Ali et les mamelouks, Champollion, Ferdinand de Lesseps et son canal, Howard Carter, Nasser...), avec ses tombes et ses temples sauvés des eaux, ses sculptures colossales et ses colonnes en forme de papyrus, ses crocodiles et ses sarcophages, l'Égypte habitera durablement l'imaginaire de tous ceux qui la sillonneront.
Mais au pied des pyramides, au-delà des croisières balisées et des palaces vit un peuple : il faudra se mêler au grouillement des souks et des quartiers populaires, siroter un thé ou fumer la chicha à la terrasse d'un café, côtoyer les mosquées parmi les plus prestigieuses du monde arabe, pour le comprendre et l'apprécier.
Et s'intéresser, aussi, à cette révolution qui vient de secouer - qui secoue encore - le pays.
La Bible évoqua jadis les 10 plaies de l'Égypte, mais la seule dont vous souffrirez sera la nostalgie d'un voyage envoûtant...
Selon le ministère des Affaires étrangères, les séjours dans les grands centres touristiques peut être envisagés sans problème (Le Caire, Alexandrie, Assouan, Louxor, la Mer Rouge, Charm el Cheikh...), tout en privilégiant les déplacements par avion. Il convient cependant d'éviter dans la mesure du possible le Nord-Sinaï et la région frontalière avec la Libye. De manière générale, il est aussi recommandé de se tenir éloigné des rassemblements.
- Population : 83 millions d'habitants (estimation 2010).
- Superficie : 1 001 449 km² (le territoire est composé à 97 % de désert !).
- Densité : 74,10 hab./km².
- Capitale : Le Caire (presque 20 millions d'habitants en 2011).
- Langue : arabe.
- Monnaie : livre égyptienne.
- Régime : présidentiel.
- Chef de l'État par intérim : le maréchal Mohammed Hussein Tantawi est le chef du Conseil militaire suprême (Conseil suprême des forces armées) de la République arabe d'Égypte depuis février 2011. Il a annoncé qu'une élection présidentielle se tiendra « avant la fin juin 2012 ».
- Revenu mensuel moyen : autour de 600 LE (70 ).
- Sites classés au Patrimoine de l'Unesco : lle Caire islamique, Memphis et la région des pyramides de Guizèh à Dahchour, la vallée des Baleines (wadi al Hitan), Thèbes antique et sa nécropole, les monuments de Nubie d'Abou Simbel à Philae et la zone de Sainte-Catherine.
Économie
Les premiers revenus du pays sont le tourisme. Viennent ensuite les transferts des Égyptiens émigrés, le pétrole et les droits de passage du canal de Suez, sans oublier la précieuse aide américaine. L'Égypte assure son autosuffisance énergétique, et la découverte récente de gisements de gaz en Méditerranée devrait la mettre à l'abri jusqu'en 2080 (2025 pour le pétrole).
Ces ressources, primordiales, représentent près de 20 % du PIB et permettent de maintenir un taux de croissance parmi les plus élevés de la région.
L'agriculture est un des piliers de l'économie égyptienne, puisque le tiers de la population vit de cette activité, qui ne représente toutefois que 13 % du PIB. On cultive principalement le coton, le blé, le maïs et le riz encore de façon traditionnelle. Il est aujourd'hui question d'introduire plus de mécanisation dans le cadre d'un développement durable.
Aujourd'hui, les spécialistes soulignent que l'Égypte a certes développé son agriculture mais n'a pas mis en place de politique alimentaire, prenant en compte son explosion démographique.
L'armée pèse aussi de tout son poids sur l'économie. Elle détient de nombreuses entreprises publiques (eau, industrie pétrolière, construction, hôtellerie). D'autre part, les multiples guerres qui ont secoué l'histoire récente et les investissements massifs dans l'appareil sécuritaire ont largement grevé les finances. Depuis les accords de Camp David en 1978 scellant la paix avec Israël, les USA fournissent 2 milliards de dollars par an à l'Égypte.
Depuis la présidence d'Anouar El-Sadate (1970-1981), le pouvoir égyptien s'est engagé dans une libéralisation de l'économie, détricotant le modèle socialiste imposé par Nasser.
Plus que jamais, le pays fonctionne à deux vitesses. Par ailleurs, la fuite des capitaux pendant et après la révolution a été importante.
Droits de l'homme
Après 18 jours de manifestations et d'occupation quasi-ininterrompue de la place Tahrir, l'ancien raïs a accepté de se retirer en février 2011. Mais nombreux sont ceux qui craignent une confiscation du pouvoir par l'armée. Celle-ci, très puissante politiquement et économiquement, a en effet observé une relative neutralité pendant les événements et est devenue l'un des acteurs clefs de la transition politique.
Le peuple Égyptien a repris le chemin de la place Tahrir en juillet pour réclamer une accélération des réformes démocratiques, la fin de la corruption et le jugement des caciques du régime. De nombreux défenseurs des droits de l'Homme demandent la fin de la justice expéditive rendue par les cours militaires.
En outre, la révolution n'a pour le moment pas répondu aux problèmes de fond. Faute de protections policières, des tensions communautaires entre coptes et musulmans sont même réapparues, plus violentes encore.
Les plus grandes perdantes de la révolution auront été les femmes, toujours totalement exclues de la vie publique. Selon le centre égyptien pour les Droits des femmes, 83 % des Égyptiennes subiraient une forme de harcèlement sexuel à un moment de leur vie, et le pays connaît l'un des taux les plus importants au monde en matière d'excision.
Enfin, des milliers d'Éthiopiens et d'Érythréens sont chaque année kidnappés par des Bédouins du nord Sinaï. Il ne s'agit là que d'une des nombreuses violations des droits des migrants en Egypte, régulièrement maltraités, voire assassinés par la police des frontières.
Adresses utiles
En France
À Paris
- Office de tourisme égyptien : 90, avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris. Au 6e étage. M. : George V ou Franklin-D.-Roosevelt. Tél. : 01-45-62-94-42 ou 43. Courriel : info.fr@egypt.travel. Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 16h. Plusieurs brochures disponibles.
- Consulat d'Égypte : 114, rue La Boétie, 75008 Paris. M. : Franklin D.-Roosevelt. Tél. : 01-45-00-77-10 (standard). Fermé les jours fériés égyptiens et français. Pendant le ramadan, horaires modifiés.
Le reste de l'année, pour les résidents de la moitié nord de la France, dépôt des passeports du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 ; retrait des passeports avec le visa de 14h30 à 15h30 (pour les ressortissants de l'UE). Délais d'obtention : 3 jours ouvrables en principe, mais ces dispositions peuvent changer ; toujours prévoir un délai d'au moins 15 jours. Pour les résidents de la moitié sud de la France, s'adresser au consulat d'Égypte à Marseille.
Règlement uniquement en espèces, et aucun envoi par courrier. Il vous en coûtera 25 pour un visa à entrée simple et 32 pour un visa à entrées multiples. Prévoir 2 photos d'identité couleur (fond blanc).
- Centre culturel d'Égypte : 111, boulevard Saint-Michel, 75005 Paris. RER B : Luxembourg. Tél. : 01-46-33-75-67. Courriel : centre@culture-egypte.com. Ouvert du lundi au jeudi de 13h à 19h, et le vendredi de 15h à 19h. Organise expos, conférences, rencontres, concerts, projections de filmségyptiens (sous-titrés en français)...
- Institut du monde arabe : 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris. M. : Jussieu. Tél. : 01-40-51-38-38. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (19h pour la librairie). Mobile Art, le nouveau pavillon qui accueille des expositions temporaires d'art contemporain, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (19h le week-end et les jours fériés). Le musée et les expositions (quand il y en a) font nocturne 1 fois par semaine. Très belle bibliothèque en accès libre du mardi au samedi de 13h à 20h. Librairie spécialisée. Expositions et conférences.
À Marseille
- Consulat général d'Égypte : 166, avenue de Hambourg, 13008 Marseille. Tél. : 04-91-25-04-04. Courriel : consulategypte@orange.fr. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h pour le dépôt et le retrait des passeports pour les ressortissants de l'UE qui résident dans la moitié sud de la France. Traitement des demandes de visa sous 3 jours. Dépôt du dossier sur place (paiement en espèces) ou demande par correspondance (règlement en mandat cash, prévoir une attestation du billet d'avion aller-retour, formulaire de visa à télécharger sur mfa.gov.eg). Prévoir 2 photos couleur sur fond blanc.
En Belgique
- Office de tourisme d'Égypte : avenue Louise, 179, Bruxelles 1050. Tél. : 02-647-38-58. Courriel : touregypt2@skynet.be. Accueil du public du lundi au vendredi de 10h à 12h (de 9h à 17h par téléphone).
- Consulat d'Égypte : avenue de la Forêt, 101, Bruxelles 1000. Tél. : 02-663-58-21. Courriel : eg.sec.be@hotmail.com et egyptembassy@embassyofegypt.be.Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 11h30 ou par téléphone de 9h à 17h. Mieux vaut les contacter par e-mail ou l'après-midi si c'est par téléphone.
Traitement des demandes de visa en 5 jours ouvrables pour les ressortissants belges. Prévoir 25 en espèces pour une entrée simple (32 pour un visa à entrées multiples), une photo d'identité, une photocopie du passeport et de sa carte d'identité.
En Suisse
- Office de tourisme égyptien : Stampfenbachstrasse, 42, 8006 Zurich. Tél. : 044-350-20-40. Courriel : info.ch@egypt.travel. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h à 16h30.
- Ambassade d'Égypte : Elfenauweg, 61, 3006 Berne. Tél. : 031-352-80-55 (section consulaire ; boîte vocale). Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 14h. Le retrait des passeports s'effectue 1 semaine plus tard.
Une entrée simple coûte 50 Fs et le visa à entrées multiples (pour les ressortissants suisses, les autres nationalités doivent se renseigner auprès de l'ambassade) 60 Fs. Apporter 2 photos couleur sur fond blanc. Paiement en espèces. Formulaire téléchargeable sur travel.ch. Possibilité d'obtenir le visa par correspondance (paiement par mandat postal).
- Consulat général d'Égypte : route de Florissant, 47 ter, 1206 Genève. Au 2e étage. Tél. : 022-347-63-79 ou 022-347-62-55. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 15h. Demande de visa de 9h à 12h, retrait 48h plus tard (pour les ressortissants suisses) de 14 à 15h.
Paiement en espèces uniquement. Apporter 2 photos couleur sur fond blanc. Visa par correspondance possible.
Au Canada
- Office de tourisme d'Égypte : 2020 Université, Suite 2260, Montréal, Québec H3A-2A5. Tél. : (514) 861-44-20. Courriel : info.ca@egypt.travel. Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 15h30.
- Consulat général d'Égypte à Montréal : 1000, rue de la Gauchetière ouest, Suite 3320, Montréal, Québec H3B-4W5. Tél. : (514) 866-84-55. Services consulaires ouverts du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30. Le visa (une entrée) coûte 26 $Ca. Prévoir une photo d'identité. Il s'obtient en 2-3 jours ouvrables. Formulaire de visa téléchargeable sur leur site.
Formalités d'entrée
Le visa est obligatoire. Il s'achète soit au consulat d'Égypte, soit directement à l'aéroport en arrivant pour les ressortissants français, belges et suisses (VÉRIFIEZ OBLIGATOIREMENT AUPRÈS DU CONSULAT OU DE L'OFFICE DE TOURISME SI CETTE DÉMARCHE EST TOUJOURS POSSIBLE À LA DATE DE VOTRE DÉPART). Dans ce cas, les Français et Belges peuvent se rendre en Égypte uniquement munis de leur carte d'identité nationale valide 6 mois après le retour (à condition de partir de son pays d'origine, dans le cas contraire, le passeport peut être exigé, se renseigner) ; les Suisses doivent présenter leur passeport. Il faut apporter deux photos et une photocopie de sa carte d'identité. Seul inconvénient, le visa est alors apposé sur une simple feuille volante. Si vous partez avec votre passeport (dans ce cas, pas besoin de photo), celui-ci doit impérativement être valide au moins 6 mois après le retour.
Sur place, le visa s'achète à des comptoirs de banque situés avant la douane et coûte environ 15 $ ou 12 . On vous conseille d'en profiter pour faire un peu de change. Par sécurité, prévoir un peu plus de liquide, le tarif change souvent. Ce visa est à entrée unique.
- Le visa est délivré pour 3 mois quand il est émis par le consulat ; celui obtenu à l'aéroport est valable 1 mois seulement. Il est très simple de faire prolonger son visa.
- Les voyageurs arrivant d'Israël ou de Jordanie par la route ne peuvent pas acheter leur visa égyptien à la ville frontière de Taba. En revanche, ils peuvent l'acheter à l'aéroport de Taba (à 40 km de la ville) ou aux ports de Nuweiba et de Sharm el-Sheikh à l'arrivée du bateau. En principe, le visa coûte le même prix qu'à l'arrivée au Caire : environ 15 $ ou 12 . Sinon, il est impératif d'effectuer cette démarche auprès du consulat égyptien (il y en a un à Eilat et à Aqaba).
- BON À SAVOIR : on peut opter pour le Sinai Pass - gratuit et valable 14 jours - si on se limite à une petite visite du Sinaï avant de repartir pour la Jordanie ou Israël. Néanmoins, si vous venez de Taba par la route, vous devrez acquitter une taxe d'entrée d'environ 65 LE par personne et 35 LE par voiture. Attention, si votre vol retour décolle d'Égypte, l'achat d'un visa est obligatoire.
- Exemptions de taxes : voici les quantitésmaximales que vous pouvez importer dans le pays sans avoir à lesdéclarer à ladouane : 200 cigarettes ou 25 cigares ou 200 g de tabac, 1 litre devin, 1 litre de spiritueux, 1 litre d'eau de toilette.
Vaccinations
Voir la rubrique « Santé ».
Carte internationale d'étudiant (ISIC)
La carte ISIC prouve le statut d'étudiant dans le monde entier et permet de bénéficier de tous les avantages, services, réductions étudiants du monde concernant les transports, les hébergements, la culture, les loisirs, le shopping...
La carte ISIC donne aussi accès à des avantages exclusifs sur le voyage (billets d'avion, hôtels et auberges de jeunesse, assurances, cartes SIM, location de voitures...). Et surtout, vous bénéficierez d'une réduction de 50 % sur la plupart des sites historiques et musées (plutôt nombreux en Égypte).
Argent, banques, change
La monnaie nationale
La monnaie en Égypte est la livre égyptienne (LE), qu'on appelle pound (en anglais) ou guineh (en arabe). Elle de divise en 100 piastres (piasters en anglais, ‘irsh en arabe).
En 2011, 1 LE vaut environ 0,11 et 1 varie entre 8 et 9 LE. Actuellement, son cours peut varier de 10 % dans un sens ou dans l'autre.
Les devises
Les dévaluations successives et la pénurie de devises étrangères ont favorisé l'émergence d'un marché noir, actif mais très risqué, d'autant que les taux officiels et ceux du marché noir sont quasi semblables. Préférez les bureaux de change ou les banques.
L'euro est accepté partout dans les banques. Pour les hôtels de luxe, le paiement par carte fait en principe l'affaire (commission de 3 à 5 %). Certains magasins acceptent les euros pour de grosses sommes, mais vous devez être attentif au taux pratiqué.
Les billets doivent être impeccables.
Il est devenu très difficile de rechanger des livres égyptiennes. Cette monnaie n'est pas convertible sur le marché international.
Les banques
Lors des opérations de conversion, vérifiez les bordereaux et recomptez l'argent avant de quitter le comptoir. Il n'y a pas de commission.
Les cartes de paiement
- Les distributeurs d'argent liquide sont nombreux et acceptent les cartes bleues Visa pour des retraits en livres égyptiennes. Il n'y a qu'au fin fond des oasis ou dans les villages qu'on ne trouve pas de distributeurs.
- La plupart des distributeurs acceptent également la carte MasterCard.
- Certains hôtels de luxe et magasins majoreront le montant de vos achats de 3 à 5 % pour tout paiement par carte, 5 % étant aussi la commission que prend American Express à la boutique. Essayez au maximum de refuser cette pratique.
- Tous les voyageurs ayant une carte Diner's Club peuvent retirer des espèces auprès des agences de voyages Thomas Cook.
- Ne laissez jamais un commerçant partir avec votre carte dans une échoppe voisine sous prétexte qu'il n'a pas de machine.
- Demandez toujours une facture.
Les chèques de voyage (traveller's cheques)
Les chèques de voyage sont très pratiques ; préférez les banques des hôtels pour les changer.
Conseil
- Il est impératif d'avoir toujours sur soi de la petite monnaie, car de nombreux serveurs de restaurants, commerçants et chauffeurs de taxis feignent de ne pas en avoir.
Budget
La vie en Égypte n'est pas chère, sauf à Sharm el-Sheikh. On peut trouver des hôtels bon marché et des restos populaires.
Les récentes dévaluations de la monnaie nationale engendrent une inflation constante.
Dans les hôtels, toujours demander si les prix comprennent les taxes et le petit déjeuner.
Hébergement
Les prix s'entendent pour une chambre double, petit déjeuner inclus.
- Très bon marché : moins de 50 LE (5,90 ).
- Bon marché : de 50 à 120 LE (5,90 à 14,10 ).
- Prix modérés : de 120 à 220 LE (14,10 à 25,90 ).
- Prix moyens : de 220 à 350 LE (25,90 à 41,20 ).
- Chic : 45 à 90 .
Restauration
Base d'un repas : entrée + plat + boissons non alcoolisées, toutes taxes comprises.
- Bon marché : moins de 50 LE (5,90 ) par personne.
- Prix moyens : de 50 à 120 LE (5,90 à 14,10 ) par personne.
- Chic : plus de 120 LE (14,10 ) par personne.
Bakchich et pourboire
À l'origine, le bakchich était le cadeau de bienvenue. Aujourd'hui, le terme bakchich est employé à tort et à travers. C'est un pourboire, une rétribution en échange d'un service rendu.
Il ne s'agit pas non plus de distribuer n'importe quoi à n'importe qui : ne jamais donner ni stylo ni bonbon aux enfants dans la rue.
Au restaurant, on laisse au minimum 10 % de l'addition, et on donne au moins 2 LE par bagage à un porteur. Au Caire, on arrondit la course pour les taxis qui mettent le compteur. En revanche, on ne laisse rien aux chauffeurs qui ne le mettent pas et évaluent le prix à la tête du client.
Achats
L'artisanat égyptien est encore bien vivant. Si la qualité est parfois moyenne, les prix restent raisonnables.
Quelques idées de souvenirs : bjoux, broderies, cuir, objets en cuivre ou en laiton, objets en albâtre, coton, épices, papyrus, tapis, vannerie, verre soufflé...
Marchandage
Le temps passé dépend du prix de l'objet. On pourra même vous offrir le thé.
- Le principe de base est de ne pas laisser trop rapidement percer votre intérêt pour l'objet que vous convoitez.
- Un autre principe est de ne jamais dire son prix le premier. Au bazar, vous pouvez facilement diviser le prix par deux ou par trois. Ailleurs, déduisez au moins 20 %. Commencez par de petits achats pour tâter le terrain. Ne pas hésiter à essayer d'émouvoir le marchand.
- Évitez d'acheter un objet la première fois que vous entrez dans la boutique. Si vous revenez, le marchand vous connaîtra déjà.
- Autre moyen : partez de la boutique mais LENTEMENT. Il y a de grandes chances pour que le commerçant vous rappelle.
Cuisine
La cuisine égyptienne est avant tout un mélange de nombreuses spécialités méditerranéennes (turques, grecques et surtout syro-libanaises).
Les Égyptiens affectionnent particulièrement le principe du mezze : tous les plats sont mis sur la table, et les convives piochent à volonté.
Les spécialités
- À base de sésame, trois petits plats garnissent à peu près toutes les tables de restos : la tahina (crème à base de sésame), le hommos (purée de pois chiches au sésame) et le babaghanouj (purée d'aubergines au sésame).
- Parmi les nombreuses salades, la salata baladi est la plus courante (concombres, tomates, oignons, avec ou sans salade verte) ; le taboulé (préparé à la libanaise avec beaucoup de persil et de menthe) ; la salata zabadi est un mélange de yaourt avec de l'ail, de fines lamelles de concombres et parfois d'une pointe de menthe ; quant à la toumeyya, c'est une purée d'ail très adoucie par une mayonnaise légère. N'oublions pas le torchi (ces pickles marinés) ou les aubergines frites à l'ail.
- Deux plats presque introuvables dans les restos traditionnels et que tous les Égyptiens adorent : le foul, nourriture de base de la plus grande partie de la population, de grosses fèves brunes longuement mijotées en ragoût et relevées d'huile, de citron et de cumin.
Autre grande spécialité : le kochery. Imaginez un mélange de riz, de lentilles brunes, de macaronis, de quelques bouts de spaghettis, d'oignons frits, le tout arrosé d'un peu de sauce tomate et relevé de quelques gouttes de sauce pimentée ou de sauce à l'ail. Le kochery ne se retrouve dans aucun autre pays arabe.
- Les Égyptiens, firent du foul une purée. C'est ainsi que naquirent ces mi-galettes, mi-boulettes de purée, plongées dans la friture et appelées taameyyas. On en mange notamment dans les sandwichs felafel.
- Les soupes sont riches et épaisses. La plus connue est la mouloukheyya, que chaque mère de famille agrémente à sa façon. Cette soupe, un peu gluante, est servie avec du riz et du poulet grillé. Également excellente en hiver, la chorbet ads (soupe de lentilles) est un classique de la cuisine égyptienne.
- Les feuilles de vigne farcies (wara' einab) se mangent chaudes et sont fourrées d'un mélange de riz, d'herbes, d'épices et parfois de viande. On les accompagne traditionnellement d'une salade au yaourt.
Les viandes
Le célèbre chich kebab (brochette de mouton que l'on rencontre dans tout le Moyen-Orient) est omniprésent. En Égypte, on l'appelle kebab et il ne se présente pas sous forme de brochette, mais de morceaux d'agneau grillé.
La kofta est une longue brochette de viande de mouton haché.
Le shawerma (version égyptienne du döner kebab turc) est composé des tranches de mouton empilées qui, une fois bien cuites, sont coupées verticalement et servies dans un petit pain.
Le poisson et les fruits de mer
Le poisson local (samak), s'il est parfaitement frais, est un régal, tout comme les grosses crevettes (gambari) de la Méditerranée. Il est le plus souvent grillé (mashoui), ou frit (ma'li). Dans les restos de poisson, on le choisit sur de grands lits de glace, puis il est pesé et préparé.
Il est conseillé d'éviter les fruits de mer, à moins d'être sûr de leur fraîcheur. Néanmoins, vous pouvez goûter - notamment à Alexandrie - les balah el-bahr (dattes de la mer) ou les gandofli (sortes de coques) préparées à l'ail et au persil.
Les desserts
Les desserts se déclinent en mehallabeyya (crème à base de farine de riz, parfumée à l'eau de rose, et parsemée de pistaches), riz au lait, en om' Ali (de très fines feuilles de pâte cuites baignant dans un lait très sucré et mélangées à de la noix de coco et à des pistaches), mais aussi en baklawa (feuilleté arrosé de miel et fourré de pistaches ou d'amandes), en konafa (une sorte de pâte de pistaches, noisettes, noix... entourée de vermicelles et nappée de miel), en basboussa (semoule imprégnée de sirop) ou en atayef (de petits beignets frits toujours fourrés de noisettes, de noix, de pistaches et nappés d'un sirop très sucré).
Boissons
- L'eau (maya en arabe). Au Caire et à Alexandrie, elle est officiellement potable ! L'EAU N'EST VRAIMENT PAS POTABLE à Dahab et dans les oasis. Préférez l'eau minérale.
- La bière : depuis les pharaons, l'Égypte fabrique de la bière fort appréciée. Plusieurs marques locales.
- Les vins : ils se développent et leur qualité s'améliore d'année en année. On vous conseille le Château-des-rêves, le Shéhérazade, le Grand marquis, le Jardin du Nil, le Cape bay et le Beausoleil. Le traditionnel rouge omar-khayyam, le blanc cru-des-ptolémées et le rosé rubis-d'égypte sont un cran en-dessous des précédents. Le vin de Messe est un rouge fort doux à boire en apéritif.
- Les sodas : ils se livrent une guerre incessante. Les Égyptiens font de ces sodas une consommation ahurissante. Leur prix est modique, surtout lorsqu'on les boit dans la rue (les petites bouteilles en verre sont consignées).
- Les jus de fruits frais et boissons à base de plantes, qu'une multitude de petites échoppes débitent partout en énormes quantités, à partir d'agrumes pressés à la demande :
- Côté tisanes, le choix ne manque pas : menthe, anis, carvi, cannelle, fenugrec.
- Mention spéciale pour le karkadé, fleur d'hibiscus ; c'est une infusion d'une fleur nubienne de couleur rouge foncé qui est ensuite très sucrée.
- Le café (`ahwa) : il est préparé à la turque. Vous le boirez masbout, normalement sucré, ou ziada, très sucré. Il faut être maso pour le demander sâada, sans sucre. Ceux qui ne supportent pas le café turc doivent demander un Nescafé (précisez eswid pour l'avoir sans lait). Il est généralement très dilué.
- Bien sûr, le thé (shay). Malheureusement, dans la plupart des sites touristiques, il s'agit d'un sachet. Le meilleur est le shay baladi, servi dans un verre et très sucré (le thé est alors en vrac et il faut attendre qu'il se dépose au fond).
- LES ALCOOLS ET VINS FRELATÉS SONT COURANTS. Dans les bars ou restos qui ont une licence, aucun problème ; en revanche, évitez de boire chez les habitants si vous n'êtes pas sûr à 100 % de la provenance des bouteilles.
- Pendant le ramadan, il se peut qu'on vous demande de présenter votre passeport pour boire une bière ou acheter de l'alcool.
- Lors de certaines fêtes religieuses musulmanes, pas mal de bars et de restos refusent de servir de l'alcool.
Géographie
96 % des Égyptiens vivent le long du Nil (ainsi que sur la route des caravanes, dans les oasis du désert libyque).
Dans l'Antiquité, on distinguait deux parties : la Basse et la Haute-Égypte. Le Nil prenant sa source dans le sud et se jetant dans la Méditerranée au nord, la Haute-Égypte correspond à la partie sud du pays et la Basse-Égypte à la partie nord. De nos jours, on parle également de Moyenne-Égypte pour désigner la région qui s'étend du sud du Caire à Minieh.
La Nubie débute au sud d'Assouan et continue jusqu'à la frontière soudanaise. Une partie de la Nubie égyptienne est aujourd'hui recouverte par les eaux du lac Nasser, constituées à la suite de la construction du haut barrage inauguré en 1970.
Le désert recouvre 97 % de la superficie du pays. On distingue trois grandes zones désertiques.
- Le désert libyque : il est ponctué par une série d'oasis (Kharya, Dakhla, Farafra, Bahareyya), les 3 premières formant la Nouvelle Vallée. Il est parfois rocheux, parfois noir, parfois blanc. À l'ouest des oasis, commence la grande mer de sable (sables mouvants et zones particulièrement dangereuses).
- Le désert arabique : entre le Nil et la côte de la mer Rouge, c'est un ensemble de massifs entrecoupés de wadi (vallées) qui se termine par une longue chaîne montagneuse. Seuls les Bédouins (qui vivent du côté de la mer Rouge) connaissent ce véritable labyrinthe.
- Le désert du Sinaï : sa géographie est faite de dunes et de montagnes érodées par le vent et sillonnées par des oueds profonds qui connaissent des crues sporadiques. Le point culminant de l'Égypte se situe dans cette péninsule : c'est le mont Sainte-Catherine (2 642 m), qui dépasse donc le mont Moïse (ou mont Sinaï), avec ses 2 285 m.
Climat
Le climat égyptien est méditerranéen sur la côte d'Alexandrie, semi-désertique à la hauteur du Caire et complètement désertique dans le grand Sud.
Notre saison préférée est l'automne (de fin septembre à fin novembre). Les températures oscillent alors entre 25 et 35 °C du nord au sud, le soleil est omniprésent, et Alexandrie n'est pas encore sous la pluie.
Pendant l'hiver (de mi-décembre à fin février), Alexandrie est exposée au vent et à de fortes pluies, Le Caire affiche une grisaille tristounette, la mer Rouge se rafraîchit, et les nuits dans le désert peuvent être glaciales, notamment dans le Sinaï. Seules les régions de Louxor et d'Assouan restent inondées d'un soleil qui réchauffe les après-midi. Mieux vaut prévoir une veste chaude pour Le Caire et le Sinaï, ainsi qu'un parapluie pour Alexandrie. En Égypte, le chauffage n'existe presque pas, et seules les climatisations réversibles ont une fonction chauffage.
Le printemps (mars-avril) est tardif et pas vraiment une saison intermédiaire. On passe très rapidement de l'hiver à l'été. C'est la saison des vents et surtout du khamsin (un vent de sable brûlant qui souffle deux ou trois fois dans la saison). Des pluies parfois violentes peuvent surprendre les voyageurs à Alexandrie.
L'été est placé sous le signe d'une chaleur caniculaire, humide sur la côte méditerranéenne et très sèche dans le Sud. Vous devrez adapter le programme de vos journées en commençant très tôt le matin et en faisant une pause en milieu de journée. À Assouan et en Nubie, il peut faire jusqu'à 50 °C !
Les hôteliers augmentent les prix en hiver et accordent des réductions en été (seule exception : Alexandrie).
Le Nil
La vie de l'Égypte, jusqu'à la construction du haut barrage d'Assouan (terminé en 1970), était réglée en fonction du Nil et de ses crues fertilisantes. En juin, le fleuve commençait à monter, puis, dans la seconde quinzaine de juillet, il gonflait pour atteindre son maximum fin octobre. On mesurait alors la hauteur de la crue à l'aide des nilomètres. La décrue s'étalait ensuite jusqu'au mois de janvier où le fleuve regagnait son lit, et les paysans leurs champs.
Toutes les premières civilisations sont nées d'un fleuve, source de fertilité des terres : Mésopotamie (Tigre et Euphrate), Mohenjo-Daro (Indus), Chine (fleuve Jaune)... Les crues ont permis de renforcer l'autorité des pharaons. Il fallait, en effet, un système très centralisé et très autoritaire afin de stocker la nourriture pendant les trois mois d'inondation.
En 1965, avec la construction du barrage d'Assouan, le Nil a vu disparaître ses crues qui rythmaient la vie agricole depuis la nuit des temps, et ses fêtes.
Une source de vie tarissable ?
Le Nil reste un fleuve vital, car il permet des cultures dans un environnement hostile et désertique. Aujourd'hui, le Nil fait vivre environ 300 millions d'Africains, une population qui devrait doubler d'ici à 2025. Le problème de l'eau est crucial en Égypte à cause de l'augmentation de la population et du développement industriel. Près de 87 % de l'eau du Nil utilisée sert à l'irrigation des cultures. On estime qu'environ la moitié de l'eau utilisée est gaspillée et que 10 milliards de mètres cubes d'eau s'évaporent annuellement du lac Nasser.
Depuis 1997, l'Égypte s'est lancée dans une nouvelle aventure : créer un « second Nil » en creusant le long canal Toshka qui permettra l'irrigation d'une « Nouvelle Vallée », parallèle au Nil, et passant par les oasis de Kharga, Dakhla et Farafra. Un projet ambitieux.
Santé
Le premier problème que l'on rencontre en Égypte est celui de l'intense concentration humaine dans la capitale : Le Caire est l'une des villes les plus peuplées et les plus polluées du monde. Cela signifie :
- asthmatiques et cardiaques, attention !
- hygiène générale défectueuse ;
- hygiène alimentaire déplorable : Le Caire est l'une des destinations championnes du monde de la turista !
La célèbre poussière du Caire est terriblement glissante en cas de pluie : attention aux chutes et aux voitures qui ne freinent plus. Autres motifs de chutes, les chaussées et trottoirs défoncés, alors attention où vous mettez les pieds.
Vaccinations
- Aucun vaccin n'est exigé pour les voyageurs en provenance d'Europe.
- Les vaccins « universels » (tétanos, polio, diphtérie, coqueluche et hépatite B) doivent être à jour.
- Le vaccin contre l'hépatite A est fortement recommandé par l'OMS, car c'est une des maladies qui se contracte le plus facilement (par l'alimentation). De même, on recense un très fort taux d'hépatite C. Éviter à tout prix les piercings, les barbiers ou coiffeurs populaires. Si vous avez à subir une petite intervention chirurgicale, veillez à vous adresser aux cliniques les plus réputées. Pour les dentistes, c'est la même chose. « Plus c'est chic, plus vous avez des chances d'être bien soigné », c'est comme ça !
- En cas de long séjour, d'expatriation ou de séjour en milieu rural, les vaccins contre la rage et la typhoïde sont recommandés.
- Consulter la liste des centres de vaccinations internationales en France.
Conseils généraux
- Il n'y a plus de risques de paludisme, sauf au Fayoum où subsistent quelques foyers d'un paludisme mineur, mais cela ne justifie pas de traitement préventif.
- Les risques de bilharziose urogénitale sont importants dans certaines zones ; il est donc impératif de faire très attention aux lieux où l'on se baigne. Ne jamais se baigner dans les canaux, les petits lacs ou dans le Nil. Il semblerait que les lacs Qaroun (au Fayoum) et Amer (à Ismaïlia) soient exempts de la maladie, ainsi que les sources chaudes dans les oasis... De toute façon, la bilharziose se soigne aujourd'hui fort bien, à condition cependant qu'on fasse le diagnostic avant les complications.
- Le sida, peu répandu, est néanmoins en augmentation (surtout chez les jeunes), comme dans tout le Proche-Orient, et l'usage de préservatifs (capout inglesi) demeure naturellement indispensable (on en trouve dans toutes les pharmacies). Les moyens contraceptifs sont très limités. Mieux vaut prévoir avant de partir.
- Les diarrhées et turista sont le lot de presque la moitié des touristes. Si cela vous arrive, mangez léger (du riz sans matière grasse), buvez beaucoup (eau et soda). Ne mangez pas n'importe où. Ayez toujours avec vous un bon antibiotique intestinal et un antidiarrhéique.
- Il est préférable d'acheter sa nourriture dans de grandes épiceries à fort débit. Mais il est souvent difficile de lire les dates de péremption, écrites en arabe ! Évitez les gaufrettes chocolatées et autres biscuits à la crème vendus dans les bus ou les épiceries en plein air.
- Il est important de boire beaucoup en Égypte, notamment pour éviter tout risque de déshydratation à cause de la chaleur. Pensez à emporter une bouteille d'eau minérale avec vous.
- Soleil : il est indispensable d'emporter une crème solaire d'indice élevé (rarement vendue en Égypte). À contrario, les nuits peuvent parfois être fraîches, voire carrément glaciales et humides sur le Nil et dans le désert. Pour que les magnifiques croisières en felouque ne se transforment pas en enfer nocturne, équipez-vous de vêtements chauds.
- En mer Rouge et dans le Sinaï, portez des chaussures en plastique ou de vieilles baskets pour aller dans l'eau, car les poissons-pierres sont redoutables et les coraux entraînent des coupures très profondes, longues à cicatriser. Sans tomber dans la parano, il y a eu plusieurs attaques mortelles de requins en 2009 et 2010.
- Évitez tout contact direct ou indirect avec les volatiles : l'Égypte est un des pays les plus touchés par la grippe aviaire (H5N1).
- Mieux vaut éviter les excursions dans le désert en plein été, car la chaleur est difficile à supporter et attire scorpions et serpents (la redoutable vipère cornue en particulier). ifs antim
- Il est conseillé d'acheter en France des répulsoustiques puissants.
- Les médicaments sont beaucoup moins chers en Égypte qu'en Europe. Les études de pharmacie étant en anglais, vous ne devriez pas avoir de problème pour communiquer. Attention aux nombreuses contrefaçons pharmaceutiques. Les antibiotiques sont donnés sans ordonnance. Plusieurs chaînes de pharmacie, notamment au Caire, sont ouvertes 24h/24.
Dangers et enquiquinements
AVERTISSEMENT : malgré la révolution qui a parfois été violente, le pays n'est pas, par nature, dangereux, et son taux très faible d'agressions fait rêver la plupart des pays développés. Toutefois, la délinquance urbaine tend à augmenter, notamment depuis les événements de 2011. Les vols à la tire sont plus nombreux, les bagarres plus fréquentes.
Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères continue de déconseiller les voyages dans le Nord-Sinaï autour d'El-Arish et en Moyenne-Égypte. En revanche, on se sent en parfaite sécurité dans tout le reste du pays.
Les zones frontalières (l'est du Sinaï, le désert libyque, le sud à proximité du Soudan...) peuvent être encore minées. Ne pas s'écarter sans guide des routes et chemins balisés et prendre tout panneau, même écrit en arabe, comme un sérieux avertissement.
Notons encore que trop de voyageurs se plaignent de petits riens qui ont empoisonné leur voyage et qu'il est pourtant possible d'éviter avec un peu de vigilance.
Les vols
Moins fréquents qu'en Europe, ils ne sont pas pour autant inexistants. N'ayez pas une confiance aveugle en vos interlocuteurs et évitez de laisser des papiers importants ou des objets de valeur dans votre chambre. Recomptez systématiquement votre argent au comptoir du bureau de change et vérifiez votre note d'hôtel ou de resto.
Cependant, en règle générale, les gens sont très honnêtes et préféreront vous courir après si vous avez oublié votre appareil photo plutôt que de le garder pour eux.
La sécurité
Elle est bonne. Pas de bandes de délinquants, peu de quartiers sensibles... De plus, toute agression d'un étranger serait très lourde de conséquences pour l'agresseur. De même, tout geste de violence envers un Égyptien vous exposerait à de gros problèmes. La présence policière peut cependant s'avérer parfois lourde. Des détecteurs de métaux sont présents à l'entrée de la plupart des grands hôtels. Ils sonnent, mais, en général, le gardien s'en fiche royalement.
Si vous êtes à proximité de rassemblements populaires, il est conseillé de ne pas se mêler à la foule. L'ambiance, surtout au Caire, demeure électrique.
La police touristique
Ce sont des policiers dont le rôle est, en principe, de résoudre tout problème pouvant se poser à un touriste. Si vous vous faites avoir par des commerçants, ils pourront vous donner un coup de main. Ne pas s'attendre toutefois à une débauche de renseignements. On peut aussi tomber sur des policiers peu serviables. Enfin, certains parlent uniquement l'arabe.
Interdiction de photographier
Il est strictement interdit de filmer les ponts, les ports, les postes-frontières, les casernes militaires et le canal de Suez. Pour entrer dans certains musées et sites, vous devrez laisser votre appareil photo à la consigne.
En cas de mouvements sociaux, de grosses manifestations, évitez de sortir votre appareil photo.
Les arnaques
La très grande majorité des Égyptiens est, bien sûr, honnête. Soyez tout de même vigilant dès que vous parlez argent.
Dans les zones très touristiques (notamment autour des pyramides de Louxor), de véritables mafias s'organisent. Méfiez-vous de tout ce qu'on vous dit, même si vous passez à côté de quelques rencontres. Inutile de tomber dans la parano, mais restez ferme et poli.
Voyager au féminin
Les voyageuses n'ont aucune crainte à avoir quant à leur sécurité. Néanmoins, il y a pas mal de petits détails auxquels vous devrez prêter attention, d'autant qu'on a surtout à faire en Égypte à des hommes. Les femmes se font malheureusement discrètes.
Une Égyptienne ne se comporte pas comme une Occidentale (elle ne s'attable pas seule à un café, par exemple) en particulier dans les zones rurales.
Inspirez-vous (dans la limite de vos principes bien sûr) des manières d'être des Égyptiennes. Votre tenue vestimentaire doit être relativement « couvrante ». Votre attitude ne doit pas être familière. La femme égyptienne instaure de la distance avec les hommes.
Dans la foule, rapprochez-vous des Égyptiennes. Dans le métro, montez dans le wagon pour femmes.
N'attachez aucune importance aux sifflements dans la rue, aux regards déshabilleurs, aux petites phrases provocatrices.
Chicha
Pourquoi ne pas essayer au moins une fois la chicha (narghilé), cette grande pipe à eau que l'on fume pour quelques livres, entre hommes, dans les petits estaminets ? Attention ! Les Égyptiens de moins de 18 ans n'y sont plus admis (campagne anti-tabac oblige !).
Tirez très fort et régulièrement (il y a parfois des fuites !) pour faire ronronner l'eau bruyamment, au milieu d'épaisses volutes de fumée.
La chicha, très populaire en Égypte, n'a pas de vertus hallucinogènes puisqu'il s'agit de tabac. En revanche, des études scientifiques ont montré que la pipe à eau était plus nocive que la cigarette, du fait du mode de combustion (au charbon), qui se fait en outre à une température plus basse. Ce qui a pour effet d'accroître le taux de monoxyde de carbone. Évitez donc d'avaler la fumée, c'est d'ailleurs ce que font les pros.
Il existe plusieurs types de tabac.
Les cafés fournissent de petits embouts en plastique jetables qui s'emboîtent au bout du cordon.
En fumant votre chicha, prenez un thé bouillant, rêvez, jouez au tric-trac (taoula) ou aux dominos claqués exprès, c'est un moment privilégié !
Fumer la chicha le soir est un excellent moyen d'avoir une vie sociale pour un grand nombre d'hommes égyptiens. Tandis que les femmes restent à la maison, eux se retrouvent autour d'un thé et d'une chicha pour commenter l'actualité, traiter de petites affaires ou discuter.
Religions et croyances
L'Égypte a connu presque toutes les religions. Aujourd'hui, les musulmans représentent 90 % de la population égyptienne, contre un peu plus de 9 % pour les coptes (chrétiens d'Égypte). On recense également des catholiques et quelques rares juifs. Tous cohabitent plus ou moins bien.
L'islam en Égypte
La société égyptienne connaît depuis quelques années un durcissement religieux. Le nombre de prêcheurs ne cesse d'augmenter, leurs programmes sur les télévisions arabes sont parmi les plus suivis. Le pourcentage de femmes voilées est en hausse, quand elles ne le sont pas intégralement, tout en noir et accompagnées d'hommes vêtus de blanc, portant la barbe, prônant un néo-islamisme issu des mouvements salafistes.
La religion copte
Les coptes (chrétiens d'Égypte) représentent aujourd'hui environ 9 % de la population.
Pas toujours facile de continuer à vivre sa religion minoritaire en terre musulmane. Ainsi, pendant le ramadan, les coptes n'ont pas le droit d'acheter ni de boire de l'alcool en public. La discrimination, notamment au niveau professionnel, existe toujours : dans l'administration, l'armée, la diplomatie, une majorité de postes ne peuvent statutairement être pourvus par des coptes.
Le lobbying religieux est très présent dans les entreprises égyptiennes, et certains patrons ne se cachent pas pour dire qu'ils n'emploient que des coptes ou que des musulmans.
Rappelons qu'en Égypte, la religion est inscrite sur la carte d'identité de tout citoyen. Mais la cohabitation se passe relativement bien avec les musulmans, même si la presse se fait de plus en plus l'écho de troubles à l'encontre de la petite communauté et que les intellectuels coptes se qualifient parfois de citoyens de seconde zone.
Savoir-vivre et coutumes
- Les Égyptiens adorent se saluer et se perdre dans des salamalecs à n'en plus finir. Les hommes s'embrassent entre eux et ce, sans aucune équivoque. N'embrassez jamais une Égyptienne en guise de bonjour. Cela peut être ressenti comme une atteinte personnelle et une mise en cause de sa moralité.
- Les hommes se promènent parfois dans la rue en se donnant la main ou le bras, c'est une manifestation d'amitié.
- Évitez toute marque d'affection en public, les amoureux égyptiens sont très prudents à ce sujet car un baiser peut coûter cher si la police s'en mêle.
- Lorsque vous complimentez quelqu'un sur un nouveau vêtement, un bijou, une voiture… on vous répondra immanquablement etfaddal(i), ce qui signifie « je t'en prie, prends-le ». C'est une pure politesse et surtout, n'acceptez jamais.
- Dans les administrations, les gares, le métro, les cinémas, vous verrez souvent deux files : d'un côté les hommes, de l'autre les femmes. Ne vous dressez pas contre cette pratique sexiste.
- Les Égyptiens sont très fiers de leur pays, alors évitez tout sujet de conversation qui vous amènerait à le critiquer. Autre sujet très sensible : la religion.
- Ayez une tenue décente. Évitez les shorts en ville, le torse-nu sur les sites, les épaules dénudées, les minijupes, et les tenues locales. Les Égyptiens trouvent cela ridicule.
- Lorsque vous prenez une photo ou souhaitez filmer, il y a parfois des situations et des lieux (quartiers populaires notamment) où il vaut mieux demander l'autorisation (on pense surtout aux femmes).
- Les gamins jettent parfois de petits cailloux pour attirer votre attention : utilisez khalass (« ça suffit »).
- Lorsque vous offrez un cadeau à un ou une Égyptien(ne), ne soyez pas surpris s'il n'est pas ouvert devant vous. C'est une marque de politesse.
- Autant les Égyptiens se saluent pendant des heures, autant ils sont d'une impolitesse choquante au volant de leur voiture et feindront de ne point vous voir alors que vous venez de les laisser passer !
- Les jeunes filles peuvent paraître très aguicheuses avec leurs sourires, leurs clins d'il... C'est un jeu de séduction qui ne dure que le temps d'un regard. D'ailleurs, lorsque vous les croisez, elles ne se retournent jamais. Les Égyptiens (surtout jeunes) sont très dragueurs, à vous de les ignorer...
Décalage horaire
L'Égypte est en avance de 1h sur la France (GMT + 2).
Néanmoins, en 2011, l'Égypte n'est pas passée à l'heure d'été, à cause du ramadan en août. Une pratique qui pourrait se prolonger tant que le ramadan tombe en saison estivale. La France et le pays des pharaons sont à la même heure.
Électricité
220 volts (comme en France) et les prises sont identiques à celles que nous utilisons. Soyez prudent dans les petits hôtels, car les fils électriques sont souvent mal isolés ou situés près des douches. Comme il y a rarement plusieurs prises dans une chambre, il peut être utile d'emporter une multiprise avec soi.
Langue
L'arabe est la langue officielle en Égypte. À noter : l'arabe courant est très différent de l'arabe littéraire qu'on peut lire dans la presse. Cet arabe égyptien est tellement imprégné des dialectes locaux, dont le copte, qu'il est très différent de celui d'Afrique du Nord.
En Égypte même, il existe des différences : le Nord « avale ». Les Égyptiens se font très bien comprendre des autres populations arabes car leur importante production cinématographique, depuis des dizaines d'années, a largement véhiculé la langue arabe égyptienne. En revanche, eux ont beaucoup de mal à comprendre les autres Arabes, notamment ceux du Maghreb.
L'anglais est assez répandu, et seul un très faible pourcentage de la population parle le français. Il est donc indispensable d'avoir de bonnes bases en anglais pour voyager seul. Dans les pharmacies, on parle quasiment toujours l'anglais.
Poste
Les timbres s'achètent dans les bureaux de poste (bosta) ou parfois dans les hôtels (souvent un peu plus chers). Une carte postale pour l'Europe doit être affranchie à 2,50 LE.
Le courrier entre Le Caire et Paris met environ 1 semaine à 10 jours (beaucoup plus depuis les autres villes et pendant le ramadan). Il est préférable de confier ses lettres à l'hôtel ou de les déposer directement à la poste, car beaucoup de boîtes postales, dans les rues, ne sont relevées qu'occasionnellement.
Téléphone et télécommunications
Téléphone
Comment téléphoner ?
- De la France vers l'Égypte : composer le 00 (tonalité)+ 20 + indicatif de la ville + numéro du correspondant (sans le 0initial).
- De l'Égypte vers la France : 00-33, puis le numéro à 9 chiffres du correspondant (sans le 0). Compter 4,50 LE la minute et un peu moins de 4 LE de 20h à 8h.
- Appels d'un gouvernorat à l'autre : composer l'indicatif de la ville (y compris le 0, au début) et le numéro du correspondant. Du Caire au Caire : faire directement le numéro.
Les centres téléphoniques
Dans toutes les villes, villages, oasis, on trouve des centres téléphoniques, bien que parfois excentrés. Ils sont généralement ouverts 24h/24 (ou alors jusqu'à 23h). C'est 25 % moins cher entre 20h et 8h, d'où les files d'attente...
Les appels internationaux
L'usage des cartes téléphoniques peut être utile pour éviter de faire la queue au guichet des centraux téléphoniques. De plus, il est parfois difficile de trouver des cartes dotées de crédit suffisamment important. Enfin, il arrive que les cabines soient en panne...
Parmi les opérateurs locaux vendant des cartes pour téléphones publics, citons, du plus efficace au moins efficace, Menatel, Ringo et Egypt Telecom. En vente dans les épiceries (dans les centres téléphoniques pour Egypt Telecom). On peut également acheter des cartes Telecard ou Marhaba (avec un code d'accès) qui permettent d'appeler l'étranger depuis n'importe quel téléphone fixe. On les trouve au central téléphonique ou souvent dans les kiosques et épiceries. Cartes de 20 à 100 LE.
La téléphonie par Internet se développe dans les cybercafés. Un bon moyen de téléphoner pour pas grand-chose. En mer Rouge et dans le Sinaï, vous trouverez plutôt des cybercafés facturant tout appel vers l'Europe à environ 5 LE/mn.
Les appels locaux
Ils s'effectuent depuis les téléphones publics que l'on trouve dans les rues avec une pièce de 10 piastres, ou dans les kiosques qui vendent boissons et cigarettes (environ 50 piastres la communication locale de 2 mn ; les appels vers des portables sont beaucoup plus onéreux).
Les portables
L'usage du téléphone portable s'est démocratisé en Égypte. La couverture nationale est très bonne, même sur les routes longeant les parties désertiques.
À signaler, la nouvelle numérotation téléphonique pour les portables.
Avoir son propre numéro égyptien
- L'opérateur Mobinil a mis en service un système d'ouverture de ligne provisoire, la « Tourist line ». Il faut que le téléphone portable soit débloqué. Pour 20 LE, on obtient une ligne de portable égyptienne (valable pour une durée de 15 jours pour émettre des appels). Elle s'achète dans n'importe quel bureau Mobinil, mais aussi dans les magasins qui vendent des portables. Il ne reste plus qu'à acheter des recharges (de 10 à 500 LE).
Internet
Depuis plusieurs années, des centaines de cybercafés ont essaimé dans tout le pays. L'Égypte dispose d'excellentes connections Internet et mobile. La téléphonie par Internet est performante. Les tarifs varient de 2 à 10 LE/h.
Les petits hôtels, notamment au Caire, ont presque tous un ordinateur à disposition où l'accès à Internet est gratuit ou presque. Les routeurs sans fil n'étant pas chers, de plus en plus de lieux (hôtels dans les grandes villes et cafés notamment) s'équipent d'un réseau Internet sans fil (wifi).
L'Égypte est, plus que jamais, on line, comme l'a prouvée la révolution.